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NOTE SUR L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE


Dans le cadre des orientations actuelles de la politique économique, le politique nationale de formation doit s’articuler autour de trois axex principaux :


- La valorisation des ressources humaines par un effort de formation adapté aux réalités besoins socio-économique du pays ;
- L’élévation du niveau de qualification des travailleurs et un meilleur ajustement qualificatif à l’emploi ;
- L’aide a l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et des demandeurs d’un premier emploi.

La couverture de besoin économique en qualification et en compétence incombe en amont à l’éducation nationale et en aval à l’Entreprise (qui est d’ailleurs tenue d’identifier et de quantifier ces besoins). La formation professionnelle joue un rôle tampon entre ces deux pôles et agit comme un facteur d’équilibre et de régulation du marché l’emploi, avec des missions propre pour la couverture des besoins urgents ou tout à fait nouveau, ainsi que la promotion professionnelle des travailleurs.


Il est donc nécessaire d’identifier les observateurs dans le cadre de la politique à mettre en œuvre, de clarifier leurs missions, et de préciser leurs relations, afin d’évité les double-emplois et le gaspillage de moyens. Une véritable refonte, qui dois toucher l’ensemble des composantes du système actuel, doit être opérée en vue d’assurer une contribution effective des systèmes éducatif et de formation au développement du pays.


Cette reforme doit être précédée par une vision plus rigoureuse des problèmes des planifications, et notamment par une approche beaucoup plus appropriée de la relation entre la formation et l’emploi. Elle doit également être assortie de mesures d’accompagnement concernant en particulier le secteur éducatif, la gestion du marché de l’emploi et enfin la structure et l’organisation de la formation professionnelle.


I. LA FORMATION PROFESSIONNELLE

a) L’analyse du problème de la formation professionnelle doit être intégrée à l’examen de la situation globale du marché de l’emploi en Mauritanie. En effet, conçue comme un moyen d’équilibre de ce marché, la formation professionnelle constitue la pièce maitresse de toute politique active de l’emploi. Son rôle consiste à intervenir directement et par des moyens appropriés de manière à rapprocher l’offre de la demande d’emploi.


Cette formation a notamment pour effet d’organiser le marché de l’emploi, continuellement déséquilibré et soumis à différentes tensions, de prévenir et remédier rapidement aux déséquilibres qui apparaissent.


Placée dans ce contexte, les fonctions principales du système peuvent se résumer en cinq points :


- Dispenser aux jeunes ayant quitté prématurément ou à terme le circuit d’éducation, une formation leur permettant d’occuper un premier emploi.
- Assurer à la main d’œuvre adulte sans qualification, une formation leur permettant d’accéder plus facilement à l’emploi.
- Garantir à tous les niveaux, l’entretien et le perfectionnement des connaissances et des compétences professionnelles, ainsi que la réponse à des besoins urgents de formation.
- Développer au profit de tous les travailleurs les possibilités de promotion professionnelle en cours de carrière.
- Adapter en permanence les travailleurs aux nouvelles fonctions exigées par le développement économique et par chaque situation professionnelle nouvelle.


Ainsi, le concept de formation professionnelle fait-il partie des instruments les plus actifs de mise en valeur des ressources humaines au service du développement économique et social. Dans ce cadre, sa vocation essentielle consiste :


- D’une part à assister l’entreprise par l’amélioration de la qualification de son personnel, son adaptation aux nouvelles techniques de production, d’organisation, d’encadrement et de gestion.


a) La saisie de l’information complète :


- l’emploi dans le secteur moderne public, para-public et privé, ainsi que dans le secteur informel ;
- les flux et les contenus des différents programmes d’enseignement technique et de la formation professionnelle.


b) L’analyse de cette information en vue de :


- L’examen de la conformité de la production du système de formation aux besoins en main d’œuvre de l’économie au double plan qualitatif et quantitatif au niveau global et par secteur économique ;
- L’évaluation de l’efficacité interne et externe du système au niveau des contenus des programmes, des méthodes et de moyens didactique de formation ;
- L’estimation des besoins en personnel qualifié dans les différents secteurs de l’activité économique à l’horizon 2020 ;
- L’analyse-diagnostic du fonctionnement des structures de gestion et d’administration de l’appareil actuel de formation technique et professionnelle.


Cette analyse devra déboucher sur un programme cohérent visant à introduire :


- Un fonctionnement satisfaisant du système de formation technique et professionnelle
- Des améliorations pratiques et ponctuelles des contenus des programmes de formation et leur ajustement aux besoins réels de l’emploi dans le pays ;
- Une extension contrôlée de l’appareil de formation en fonction des besoins prioritaires en personnel qualifié de l’économie.


A ce titre la formation professionnelle se trouve directement liées à l’amélioration de la productivité et de la maintenance des équipements, ainsi que la qualité des produits et des prestations. Elle constitue à la fois un moyen efficace pour la maitrise des technologies, et un facteur important pour la consolidation de la viabilité de l’entreprise et la paix social.


- D’autre part, à assister le demandeur d’emploi ou le travailleur dans sons effort pour accéder à un emploi, s’y maintenir, se reconvertir ou améliorer sa qualification en vue d’une promotion sociale. Elle utilise à cet effet de techniques pédagogiques adaptées aux adultes de différents niveaux, y compris les analphabètes, des technologies généralement plus fines que celles adoptées par l’Education Nationale, et des durées plus courtes.


Pour réaliser ces différentes missions, le système de formation professionnelle doit compléter le dispositif actuel en se dotant d’un certain nombre d’instruments nouveaux ou en renforçant ceux qui existent afin de les rendre plus compatibles avec les objectifs qui lui sont assignés et assumer pleinement ses responsabilités dans l’œuvre développementielle.


b - le C.F.P.P. : n’est pas l’unique établissement dispensant la formation professionnelle en Mauritanie, mais c’est le seul qui a jusqu’à présent développé une activité centrée sur les objectifs cités précédemment – le législateur a d’ailleurs assimilé explicitement les missions de cette institution avec celles d’un système global de formation professionnelle puisqu’il lui a assigné des responsabilités tant au niveau de l’étude et de la mise au point des programmes, du choix des méthodes pédagogiques, que de l’organisation de stages de ‘’ formation recyclage, actualisation, perfectionnement et promotion ‘’ (Décret 79 - 074 du 20 Avril 1979).


Avec la réalisation des extensions, cet établissement est en mesure de contribuer efficacement à la réalisation de la politique de mauritanisation des cadres et d’un meilleur ajustement qualificatif de la formation à l’emploi par l’élévation des niveaux de qualification de la population employée.


Moyennant une consolidation effective de ses moyens de travail (humains matériels et financiers) cet établissement pourra jouer un rôle central dans le développement de la formation professionnelle en Mauritanie et servir de support à la mise en place d’actions ou de structures de formation nouvelle. Parallèlement, il pourra favoriser l’émergence d’une véritable ‘’formation dans l’Entreprise’’ et d’un créneau ‘’formation continue’’ destiné à la promotion sociale des travailleurs.


Enfin son apport peut être extrêment important au niveau de la formation des ‘’agents d’évolution’’ du système et sur le plan de la recherche et de l’innovation pédagogique.
La réalisation de ces objectifs nécessitera la mise en œuvre d’un ‘’plan d’action pour le renforcement et le développement du CFPP’’ qui a déjà été présenté à divers bailleurs de fonds.


II. L’Enseignement Technique

Les établissements relevant du dispositif d’Enseignement Technique et professionnelle recrutent par orientation à l’intérieur même du système scolaire et forment pour les besoins du marché de l’emploi.


C’est donc l’Education Nationale qui doit assurer toute formation initiale pour des besoins importants ou répétitifs, dans les principales professions et aux différents niveaux requis, depuis la main d’œuvre qualifiée de base jusqu’aux techniciens.


La question se pose donc essentiellement, pour la structure d’enseignement technique et professionnelle, en termes de nombre de secteurs à couvrir et d’effectifs à former par spécialité et par niveau, compte tenu des besoins en qualifications à long et à moyen terme.


La détermination de ces divers éléments prendra comme base les orientations définies par le PLAN DIRECTEUR de la formation et aboutir, à un réajustement du dispositif en fonction de ces données.


Il apparait donc nécessaire que :


- L’enseignement technique se structure et se renforce de façon à remplir ses missions de formation initiale, aux divers niveaux ;
- Les départements technique renoncent à organiser des formations pouvant être réalisées au sein du système éducatif et à condition que les besoins exprimés soient suffisamment importante et répétitifs ;
- Que le rendement externe de l’enseignement technique soit amélioré par une meilleure adaptation des programme à la réalité du terrain mauritanien et par une élévation du niveau de la formation (recyclage des formateurs, actualisation des programmes, amélioration des moyens). Il faut éviter que certains jeunes formés sortant du système éducatif, ne soient justifiables d’une formation complémentaire dans leur spécialité, et dans une autre structure de formation avant d’avoir la chance d’accéder à l’emploi ;
- Que des ‘’passerelles’’ soient aménagés entre les différents cycles de l’enseignement de façon à favoriser une évolution dans la qualification aussi poussée que possible.


III. L’ADEQUATION FORMATION –EMPLOI

L’adéquation entre la formation et l’emploi doit être approchée dans une conception dynamique, à la faveur de laquelle l’on cherchera à réaliser la meilleure couverture possible des besoins de qualification par les systèmes éducatifs et de formation, tout en maintenant une réalisation étroite entre les performances de ces systèmes et l’évolution des besoins


Cette couverture est à rechercher tant au niveau de la formation initiale qu’au niveau du perfectionnement et du recyclage de la main d’œuvre employée de sorte que les qualifications évoluent de façon cohérente avec l’évolution des technique et des besoins.
Une meilleure relation entre la formation et l’emploi impliquerait donc une planification plus rigoureuse de l’effort national de formation qui favoriserait par ailleurs une utilisation optimale des moyens. Il importe à cet égard :


- Que le rôle des différents départements et organismes formateurs, ainsi que les missions de chaque cycle de formation soient précisés,
- Qu’une concertation plus étroite et plus active soit organisée entre les employeurs publics et privés et les formateurs, de manière à mieux saisir les besoins et arreter les modes de formations ;
- Qu’une méthodologie de planification de la formation soit adoptée, qui utiliserait des outils d’observation et d’analyse suffisamment élaborés, permettant de dégager périodiquement les réorientations et les mesures correctives à apporter au système éducatif et à l’appareil de formation.


Cette fonction doit être assurée par le Ministère du plan qui, à partir des informations économique, démographiques et sociales ainsi que des informations sur l’emploi constamment mises à jour, détermine les grandes lignes d’action et les orientations majeures des systèmes éducatif et de formation. Ce plan qui garde un caractère relativement global, doit être relayé par une planification sectorielle au niveau des départements formateurs qui portera surtout sur le court et moyen terme. (Voir schéma).


Cette méthodologie doit permettre l’élaboration d’un PLAN DIRECTEUR DE LA FORMATION définissant les options fondamentales, les objectifs, les méthodes et les moyens à mettre en œuvre par tous les opérateurs réunis pour les atteindre.


ADDITIF A LA NOTE SUR L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE


1. Organisation :

Si l’Enseignement Technique et la formation professionnelle ont apparemment les mêmes finalités, à savoir préparer les individus à occuper un emploi, il reste que des différences fondamentales existent quand au critère de recrutement, à la durée des formations, au contenu des programmes et à la sanction des enseignements reçus. Le recrutement dans l’Enseignement Technique obéit à des exigences d’âge et de niveau alors qu’il est relativement plus souple dans la formation professionnelle.


La durée des cursus est fixée selon les niveaux de formation dans l’Enseignement Technique par des textes réglementaires alors que pour la Formation professionnelle les durées sont très véritables pour répondre à des besoins souvent spécifiques et conjoncturels.


Le contenu des programmes connu pour l’Enseignement Technique inclut l’ensemble des enseignements de culture générale, de culture scientifique, de formation professionnelle tant technique théorique que gestuelle, alors qu’il est centré sur les exigences spécifiques du poste de travail, particulièrement dans ses aspects gestuels et connexes, par les actions de formation professionnelle.


Enfin les formations assurées dans l’Enseignement Technique sont sanctionnées réglementairement par des examens et des diplômes alors que la formation professionnelle ne délivre que des attestations de stage.


2. Réalisations et perspectives d’évolution


a) Les actions de formation développées dans l’enseignement technique


Se sont jusqu’à présent limitées essentiellement au secteur industriel. La création en 1984 du collège d’enseignement technique de Nouadhibou amorçait une diversification par son orientation vers le secteur de la pêche, secteur vital. Dans le cadre du programme de redressement économique et financier, les actions programmées sont axées vers la couverture des besoins des secteurs de l’hydraulique et du développement rural notamment pour la maintenance des équipements et vers l’artisanat de production et de service.


Cette extension des infrastructures sera accompagnée d’une meilleure adaptation de l’enseignement technique au besoin en main- d’œuvre qualifiée. Dans cette perspective, une restructuration du système actuel est envisagée pour professionnaliser davantage les formations à tous les niveaux, avec des débouchés directs sur l’emploi.


b) Pour ce qui est de la Formation Professionnelle :


Les activités menées au sein du CFPP ont permis de jeter les bases d’une dynamique de la formation obéissant aux critères définis précédemment, d’instaurer un dialogue permanent avec les entreprises, de développer une prise de conscience nette de la relation formation-productivité au niveau des cadres dirigeants, de susciter une réflexion sur l’intégration e la formation professionnelle dans les stratégies des entreprises. Cette évolution s’est traduite notamment par le développement des actions spécifiques e conventionnées, ainsi que par le recours fréquent au CFPP pour tout ce qui concerne la mise en œuvre de plans de formation particuliers.


Sur le plan social, cette institution est apparue comme le seul recours possible pour la majorité des jeunes issus du système éducatif sans aucune qualification professionnelle. La pression qui s’exerce annuellement sur cet établissement (près de 800 demandes pour 300 postes de formation) dénote bien l’ampleur du phénomène.


Pour le personnel en emploi, c’est également le seul établissement susceptible d’assurer une promotion sociale par le biais de l’amélioration des compétences du recyclage et des formations d’adaptation.


L’évolution socio-économique impose donc un redéploiement et un renforcement du dispositif actuel. Dans ce cotexte, les actions ci-après ont été envisagées :


- Mise en place d’une cellule de planification de coordination et de suivi des activités d’emploi et de formation professionnelle au sein du Ministère du Travail (Financement PNUD) ;
- Consolidation et extension du potentiel d’intervention du CFPP. Ce projet en particulier la création de nouvelles filières (PMI, Maintenance électro-mécanique et électronique, informatique) avec plusieurs niveaux de qualification, la décentralisation des activités et le renforcement des capacités pédagogiques et méthodologiques.


Parmi ces actions projetées, seules celles qui concernent la filière petite et moyennes industries (PMI) et le renforcement du potentiel pédagogique ont été prises en compte par le projet Education III financé par le BIRD. Il restera donc à rechercher des financements éventuels pour les autres créneaux.


- Conception et mise en œuvre d’un dispositif intermédiaire entre l’école et l’entreprise, destiné à assurer la formation et l’intégration des défaillants scolaires dans le monde du travail en s’appuyant sur les moyens propres de l’entreprise. Ce mode d’apprentissage direct, déjà mis en vigueur dans de nombreux pays, apporte une réponse valable à la question de récupération des « outputs » prématurés du système éducatif moyennant une organisation technico-pédagogique appropriée, ce système permet de réaliser pour des niveaux de qualification peu élevés, des performances égales, mais à coût moindre, à celles qui sont obtenues dans un système conventionnel de formation professionnelle.
Enfin, la capacité d’adaptation à toutes les situations de ce mode de formation permet de l’étendre, sans investissement nouveaux, à de multiples spécialités et à toute taille d’entreprise, y compris les unités artisanales du secteur non structuré. (ce projet demeure encore à la recherche d’un financement.

3-Recommandation pour la coordination des actions :


Malgré les différences dans l’organisation de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, ces deux systèmes doivent fonctionner en parfaite harmonie et coordonner leurs interventions en ce qui concerne la production de main d’œuvre qualifiée pour le marché de l’emploi.
Les objectifs propres de chaque dispositif peuvent par ailleurs être réalisées dans de meilleures conditions par la mise en œuvre d’une stratégie impliquant une complémentarité réelle entre les deux systèmes.
Dans le premier cas, la coordination est facilitée par l’existence d’une tutelle commune, alors que dans le second cas, il est indispensable de mettre en place un organisme national chargé de concevoir une politique générale de formation, de fixer les missions des différents opérateurs en fonction des besoins en main-d’œuvre liés au développement de l’économie nationale. En ce qui concerne notre pays, il conviendra de choisir, la solution qui prend en compte :


Dans le premier cas, la coordination est facilitée par l’existence d’une tutelle commune, alors que dans le second cas, il est indispensable de mettre en place un organisme national chargé de concevoir une politique générale de formation, de fixer les missions des différents opérateurs en fonction des besoins en main-d’œuvre liés au développement de l’économie nationale.


En ce qui concerne notre pays, il conviendra de choisir, la solution qui prend en compte :


- D’une part le nécessaire développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en vue d’assurer l’insertion dans la vie active d’une partie importante des effectifs n’ayant pas eu la chance d’être intégrés dans le système ou qui en sont prématurément sortis.
- D’autre part les contraintes économiques et financières imposées par une conjoncture peu favorable, et celles qui découlent du programme de redressement économique et financier adopté par le gouvernement.


Ces contraintes exigent une utilisation optimale, des moyens existants, des choix judicieux pour le développement des structures de formation en évitant systématiquement les doubles emplois compte tenu du coût élevé des investissements engagés ou préavis.
Ainsi les établissements de formation initiale pourraient-ils servir de support aux actions de formation continue, de perfectionnement, et d’adaptation conjoncturelle, notamment dans les wilayas